oragnisation

Les perspectives économiques de l’anarchisme

Il existe actuellement un quasi-consensus autour de l’idée que l’économie dirige la politique et que le principe même de démocratie est incompatible avec la réalité ploutocratique du monde.

Tous les pouvoirs tendent naturellement à se renforcer et la logique veut qu’un totalitarisme de marché s’impose à l’échelle internationale. Les Etats, réduits à leurs prérogatives régaliennes et au folklore identitaire, devront gérer le chaos social de façon de plus en plus autoritaire. L’Etat montrera partout son vrai visage, celui du gardien du Capital qu’il a toujours été, l’entité qui protège les possédants des exploités, et non le contraire, le garant de l’ordre de la domination.

Le système économique actuel, que nous allons appeler capitalisme pour simplifier, même s’il existe de nombreuses variantes, s’apparente à une biomécanique dans son fonctionnement : ce sont bien des humains qui en sont à l’origine, mais il se comporte comme une entité autonome, incontrôlable et destructrice.
La course au profit immédiat qu’il a engendrée broie les individus, le collectif et l’environnement à une vitesse exponentielle. 

C’est une mécanique que personne ne semble pouvoir arrêter de l’intérieur pour deux raisons principales :

1 – Même si plus de 90% de la population le souhaite, cela supposerait que les rares bénéficiaires, seuls capables de le décider, prennent en même temps l’initiative de mettre fin à leurs privilèges…  on avouera qu’en termes d’espoir de changement on peut trouver plus crédible.

2 – De plus, étant devenu hégémonique, ce système assure effectivement la gestion quasi –totale de l’alimentation, du logement, de l’énergie et de tous les besoins essentiels (même s’il excelle dans le superflu). Sans alternative opérationnelle capable d’assurer le minimum vital de production, nous en resterons largement dépendants.

L’économie dirige le monde, dirigeons l’économie.


Le capitalisme, expression de la verticalité économique (de la même façon que l’Etat est une verticalité politique, ou la religion, une verticalité métaphysique), est maintenant globalisé.

Même si quelques idées protectionnistes sont distillées ici où là pour rassurer certains, le cadre général reste un libéralisme financier total. La mondialisation est achevée et la compétition entre les peuples atteint son paroxysme.

En effet, La politique des Etats n’a plus prise sur une économie financiarisée, mondialisée et donc multinationale. Même s’il le voulait, le gouvernement d’un pays ne pourrait rivaliser avec ces logiques internationales. Le dumping social et environnemental sera toujours le moteur du transfert de capitaux. Il ne faut rien attendre des Etats, qui, au mieux sont à la botte des marchés, au pire, sont de véritables mafias.
C’est donc bien aux individus de se réapproprier progressivement les moyens économiques et l’outil productif.

Alors, après ce constat, comment lutter efficacement contre cette domination grandissante et mortifère pour la planète et ses habitants ?

Pour combattre une mécanique économique systémique, il faut une arme de même nature.
De la même façon que les idées se combattent sur le terrain philosophique, avec d’autres idées, la réponse devra pendre la forme d’un autre mécanisme économique.

Il faut aussi avoir conscience que le véritable clivage idéologique de notre époque est : Vertical vs. Horizontal, la pyramide contre le réseau.
Le clivage droite / gauche a toujours été une illusion : celle d’un faux choix inscrit dans la verticalité, dans un cadre étatique capitaliste ou communiste, mais porteur des mêmes erreurs fondamentales. C’est pourquoi les partis politiques sont confrontés à la défiance et à la déception des anciens électeurs, c’est aussi pourquoi les vieilles idéologies de la gauche verticale ont débouché sur des catastrophes dans tous les pays où elles ont été mises en place. Le dénominateur commun de ces aberrations politiques est le pouvoir.

On peut déduire de tout cela que l’arme en question, capable d’affronter le capitalisme sur le terrain de l’économie,  de nourrir et d’émanciper les peuples, sera un outil économique global en réseau, de nature coopérative et collaborative : un réseau mutualiste autogéré. Voici à quoi il pourrait ressembler : https://freeco.org